Le parc de 1898 : une oeuvre d'Edouard André

C'est en lisant le Traité général de composition des parcs et jardins rédigé en 1879 par Edouard André que l'on prend conscience de la valeur historique du parc de Caradeuc. Il représente la mise en pratique des théories de cet architecte-paysagiste reconnu dont on a célèbré en 2011 le centenaire de la mort. Le parc de Caradeuc est un parc d'agrément. Le Comte René de Kernier a souhaité, pour sa demeure de style classique, un parc à la française tendant vers le style composite : fabriques, statues, vases, colonnes... de nombreux éléments décoratifs y trouvent leur place alors que les bosquets des prairies alentour permettent une transition harmonieuse avec la campagne.

Plan d'Edouard André

Les abords des palais, des châteaux et des monuments situés dans de vastes parcs, traités selon les lois de l'architecture et de la géométrie, passant graduellement aux parties éloignées où la nature spontanée reprend ses droits, voilà ce qui peut tenter les efforts des paysagistes de l'avenir.

Les corbeilles de fleurs doivent être principalement groupées autour de l'habitation principale, sans être trop rappochées les unes des autres. Dès qu'elles s'éloigneront des premiers plans, elles seront composées de plantes à fleurs moins brillantes, de plus haute stature, souvent de simples espèces à feuillage d'ornement; enfin elles seront proscrites des parties éloignées du parc, où la nature seule doit former les scènes paysagères.

Deux éléments caractéristiques du style composite sont présents à Caradeuc :
- l'absence de fleurs à l'exception des parterres situés devant le château,
- la vue panoramique visible de la terrasse, rigoureusement bordée de statues, chaînes, vases et bancs, associe une prairie en pente douce bordée d'arbres et de bosquets savamment distribués avec des champs cultivés et des paturages.

L'unité d'essence dans les plantations rectilignes est la garantie d'harmonie et de bonne végétation.

Ainsi les hêtres, tilleuls, châtaigniers, charmes, chênes, merisiers, douglas sont les acteurs principaux des longues allées et des plantations du parc.

Pour que les arbres nous donnent l'impression d'un ensemble harmonieux, ils doivent être associés à leurs compagnons naturels. L'introduction d'une forme exotique détonne dans un paysage, non que la beauté du nouveau venu soit inférieure à celle de ses voisins, mais il n'est pas entré dans nos habitudes.

Ce sont les espèces indigènes qui sont mises à l'honneur à Caradeuc. Seule l'allée de sequoiadendron sempervirens, espèce introduite en France dans les années 1860, fait exception à la règle.

Les statues et les vases ont leur place naturellement indiquée dans les jardins symétriques, soit dans les axes, au milieu des pelouses régulières, soit au centre des corbeilles des fleurs ou dans les encoignures.

De nouveux éléments décoratifs ont été introduits au fil du XXème siècle avec le souci de les placer dans le respect de l'esprit d'E. André.

Miniature d'une lettre d'André

Une lettre d'Edouard André au Comte de Kernier montre l'importance des plantations. (Cliquez sur l'image pour l'agrandir.)